Doom 1 à 3, les portages infernaux

Avec l'arrivée imminente de Doom Eternal, Bethesda a eu la bonne idée préparer le terrain en rééditant les trois premiers épisodes de la série sur les principales consoles du marché (Ps4, Xbox One, Switch). On peut désormais se procurer tout un pan d’histoire du FPS old-school pour une petite vingtaine d'euros.


Doom premier du nom, tout le monde connaît ! Le classique absolu du FPS bourrin est décidément inoxydable, avec des mécaniques bien huilées qui mêlent action frénétique et labyrinthes tortueux. Doom 2, qui réutilise le même moteur avec quelques ajouts, passe aujourd’hui pour une extension de luxe plutôt qu'un jeu à part entière. Enfin, Doom 3 est un très bon survival, dont l’atmosphère SF/Horreur fera de nombreux émules (Dead Space, Soma...). 

Retrouver ces trois titres sur nos consoles en 2019 est donc une aubaine. Du moins sur le papier… Car Bethesda reste fidèle à sa réputation de sortir des jeux à moitié finis, truffés de bugs et autres surprises. Les 3 portages ont été sous-traités à différents studios, avec un beau massacre à l'arrivée.


L'enfer est pavé de bonnes intentions

Doom 1 et 2 ont été refaits sous Unity, sans doute pour faciliter le portage sur trois consoles aux architectures différentes. Le résultat ne fait hélas pas honneur aux jeux originaux, avec des performances très décevantes. Les deux jeux sont bridés à 35fps, avec une luminosité bloquée au max et une mauvaise résolution qui déforme (légèrement, mais quand même) les sprites. Plus frustrant encore, des scripts "sautent" aléatoirement dans certains niveaux, forçant le joueur à charger une sauvegarde antérieure dans l'espoir de continuer sa progression. Comme vous pouvez l'imaginer, ça rend fou.

Cerise sur le gâteau moisi, il est obligatoire de créer un compte bethesda.net et de disposer d'une connexion internet pour jouer à ces deux titres. Le comble, c'est qu'il n'y aucun contenu en ligne sur ces foutus jeux : les modes coop et deathmatch ne fonctionnent qu'en local.


Du côté de Doom 3, le bilan technique est bien meilleur. Le portage se base sur l’édition BFG, qui embarque les différentes extensions du jeu. C’est fluide, toujours agréable à l’oeil et très immersif pour qui apprécie les couloirs sombres pleins de bestioles. J’ai pris beaucoup de plaisir à parcourir la première moitié de l’aventure… jusqu’à tomber sur un passage bloquant hérité d’une version non patchée du jeu PC. Au tristement célèbre niveau 15, premier laboratoire Delta, le personnage est incapable d'utiliser les échelles qui mènent à la sortie. C’est un bug connu depuis plus de 15 ans, qu’on pouvait contourner sur pc grâce au cheat code noclip (pour passer à travers les murs), mais qui empêche ici tout simplement de finir le jeu. Bravo!


Pour toutes ces raisons, je ne conseille ces trois portages qu'aux masochistes. Tout ici pue la volonté de capitaliser sur une licence populaire sans trop se fouler. Le résultat est bien en dessous du minimum syndical et défigure purement et simplement une des séries les plus emblématiques de l'histoire du jeu vidéo.

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